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Georges Guynemer

 

Guynemer… Un as trop tôt disparu…

Un aviateur, un exemple pour tous…

 

La dénomination complète de l’ACCM est: Aéroclub de Compiègne Margny  « Georges Guynemer », en hommage à l’aviateur.

Georges Guynemer

Georges Marie Ludovic Jules Guynemer, nait le 24 décembre 1894 à Paris.

Enfant, Georges Guynemer n’a pas une très bonne santé. Fragile et maigre, seul fils après deux sœurs aînées, son père, Paul Guynemer (1860-1922), ancien officier de Saint-Cyr, doit lutter pour que son seul fils, malade et dorloté, devienne adulte. Il étudie au collège Stanislas à Paris, où exerce notamment comme professeur Henri de Gaulle, père du général de Gaulle.

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Première Guerre mondiale

L orsque la guerre éclate, il se rend à Bayonne pour s’engager, mais les médecins militaires le trouvent trop chétif et le déclarent inapte. Il est désespéré ; même les relations de son père n’y font rien. Un matin, en voyant des avions militaires se poser dans une zone délimitée de la plage d’Anglet, il demande à un des pilotes comment s’engager dans l’aviation : il faut aller à l’école de Pau dont le chef est le capitaine Bernard-Thierry.

Le 22 novembre 1914, il est engagé au titre du service auxiliaire comme élève mécanicien à Pau. Il y approfondit sa connaissance des avions. Il veut devenir élève pilote, mais le personnel du service auxiliaire n’a pas le droit de voler. Le capitaine finit par accepter de le prendre en situation irrégulière.

Le 21 janvier 1915, il devient élève pilote. Il casse beaucoup d’avions à l’atterrissage et hérisse son chef d’escadrille, le capitaine Brocard, mais son instructeur Jules Védrines défend sa cause. Il reçoit son brevet de l’Aéro-Club le 11 mars et le brevet de pilote militaire le 26 avril. Il est affecté le 8 juin à l’escadrille MS3, la seule unité dans laquelle il servira pendant la guerre. À son arrivée au sein de l’escadrille, il récupère un Morane-Saulnier Type L, surnommé le « Vieux Charles », ayant appartenu à Charles Bonnard, parti combattre en Serbie.

En juin 1915, il est promu au grade de sergent et est décoré de la croix de Guerre. Ses premières sorties sont des missions d’observation pour renseigner sur les mouvements des troupes et le réglage de l’artillerie ; il y démontre un grand sang-froid qui permet à l’observateur de prendre des photographies. Son avion est souvent touché par des éclats d’obus qui sont colmatés par des rustines de toile rouge, il en profite pour saluer sa famille en survolant la maison de Compiègne où elle a repris ses quartiers, son escadrille stationnant à Vauciennes. Le 19 juillet, Guynemer remporte sa première victoire aérienne à bord de son Morane-Saulnier, en abattant un Aviatik C.I au-dessus de Septmonts. Deux jours plus tard, le 21 juillet, il est décoré de la médaille militaire (ordre no 1161 « D ») avec la citation suivante:

« Pilote plein d’entrain et d’audace, volontaire pour les missions les plus périlleuses. Après une poursuite acharnée, a livré à un avion allemand un combat qui s’est terminé par l’incendie et l’écrasement de ce dernier. »

Le 5 décembre 1915, l’escadrille MS3 est rebaptisée escadrille N3, après avoir été rééquipée avec des chasseurs Nieuport 10. Sur ces avions plus performants, Guynemer s’impose rapidement comme l’un des meilleurs pilotes français. Le président Poincaré lui remet la croix de chevalier de la Légion d’honneur, le 24 décembre le jour de sa majorité. Il est à nouveau cité à l’ordre de l’armée (ordre no 2209 « D ») en remplissant des missions spéciales qui consistaient à se poser derrière les lignes ennemies.

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«Pilote de grande valeur, modèle de dévouement et de courage. A rempli depuis six mois deux missions spéciales exigeant le plus bel esprit de sacrifice, et livré treize combats aériens dont deux se sont terminés par l’incendie et la chute des avions ennemis.»

Il devient un as en remportant sa cinquième victoire le 3 février 1916, et est promu au grade de lieutenant en mars. L’escadrille quitte la VIe armée le 12 mars pour se rendre sur le théâtre de la bataille de Verdun sous la férule du commandant de Rose qui regroupait toutes les escadrilles de chasse et devait imposer la suprématie des ailes françaises. Le 13 mars il est blessé par des éclats au visage, deux balles dans le bras et est évacué pour son deuxième séjour à l’hôpital. Il combat ensuite sur la Somme de juin 1916 à février 1917. À la fin de l’année, son tableau de chasse compte 25 victoires. Le capitaine Brocard, commandant de l’escadrille N3, décrit alors Guynemer comme « [sa] cigogne la plus brillante ». Moins d’un an plus tard, Guynemer est promu au grade de capitaine et prend le commandement de l’escadrille des Cigognes.

Guynemer acquiert une telle notoriété qu’il est à même d’influer sur la conception des avions de combat français. En décembre 1916, il écrit à l’ingénieur en chef de SPAD pour critiquer le moteur de 150 ch qui équipe le SPAD VII, qu’il trouve insuffisant face aux Halberstadt allemands dont étaient équipés ses adversaires directs. Prenant ces remarques en considération, le SPAD VII sera remotorisé avec un moteur plus puissant de 180 ch qui redonnera la supériorité au chasseur français. Prenant toujours conseil auprès de Guynemer, SPAD développe un nouveau modèle, le SPAD XII de 200 ch duquel succédera le SPAD XIII au moteur surcompressé développant 220 ch. Les nouveaux modèles sont prometteurs, mais les premières séries ont des problèmes de pignons au niveau du réducteur entre le moteur et l’hélice.

Le 8 février 1917, aux commandes d’un SPAD VII, Guynemer devient le premier pilote allié à abattre un bombardier lourd allemand Gotha G. III8. Au cours du seul mois de mai 1917, il abat sept avions allemands. En juillet, il se met à piloter un SPAD XII, son « avion magique », armé à sa demande d’un canon de 37 mm tirant à travers le moyeu de l’hélice et d’une mitrailleuse Vickers 303 (7,7 mm). Bien que le canon promît une puissance de feu dévastatrice, il ne pouvait tirer qu’un seul coup à la fois et devait être rechargé manuellement en vol. De plus, il avait un recul important lors du tir et remplissait la verrière de l’avion de fumée. Le SPAD XII n’était pas un avion pour un pilote novice. Cependant, il sert à Guynemer à abattre un Albatros, le 27 juillet, au-dessus de Westroosebeke, et un DFW le lendemain. Ces deux succès lui permettent d’atteindre un total de 50 victoires aériennes homologuées.

Le général Franchet d’Espèrey lui remet la croix d’officier de la Légion d’honneur en juillet 1917.

« Officier d’élite, pilote de combat aussi habile qu’audacieux. A rendu au pays d’éclatants services, tant par le nombre de ses victoires que par l’exemple quotidien de son ardeur toujours égale et de sa maîtrise toujours plus grande. Insouciant du danger, est devenu pour l’ennemi, par la sûreté de ses méthodes et la précision de ses manœuvres, l’adversaire redoutable entre tous.

A accompli, le 25 mai 1917, un de ses plus brillants exploits en abattant en une seule minute deux avions ennemis et en remportant dans la même journée deux nouvelles victoires.

Par tous ces exploits, il contribue à exalter le courage et l’enthousiasme de ceux qui, des tranchées, sont les témoins de ses triomphes. Quarante-cinq avions abattus, vingt citations, deux blessures. »

Le 9 ou le 10 septembre 1917, au-dessus du terrain des Moëres, le moteur de l’avion de Guynemer se met à « ratatouiller ». Il se pose chez les Belges. Le Spad s’est heureusement immobilisé devant le premier hangar où se trouve le Hanriot de Willy Coppens. Guynemer, la mine soucieuse, semble fatigué et demande de l’aide au capitaine Fernand Jacquet qu’il connaît bien. Les mécaniciens travaillent pendant plus d’une heure sur le moteur déficient. Willy Coppens obtient un autographe et pendant ce temps Carlo Verbessem réalise une des dernières photographies du célèbre pilote français. Guynemer remercie, serre quelques mains et s’envole vers 16 heures.

Mort au combat

 Le 11 septembre 1917, Guynemer ne rentre pas d’une mission de combat. La semaine précédente, les problèmes mécaniques s’étaient accumulés sur les deux avions qui lui étaient attribués. À 8 h 30, avec le pilote Jean Bozon-Verduraz, Guynemer décolle à bord de son SPAD XIII no 2S.504. Il a reçu pour mission de patrouiller la zone Langemark.
À 9 h 25, près de Poelkapelle, Guynemer aperçoit un avion d’observation allemand Rumpler esseulé, et plonge dans sa direction. Bozon-Verduraz voit alors plusieurs Fokker au-dessus de lui, et une fois qu’il les eut dispersés, son chef n’était plus en vue. Il revint seul; Guynemer, lui, ne revint jamais.

Ni l’épave de son avion, ni son corps, ni ses effets personnels ne furent retrouvés, mais les Allemands annoncèrent qu’il avait été abattu par le lieutenant Kurt Wissemann de la Jasta 3, qui sera tué au combat dix-sept jours plus tard. Pour expliquer sa disparition, on apprend aux écoliers français de l’époque que Guynemer avait volé si haut qu’il ne pouvait pas redescendre.

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Le capitaine Georges Guynemer est porté disparu au combat par son commandant d’escadrille, le capitaine Brocard, et est annoncé officiellement disparu par le ministère de la Guerre, le 25 septembre 1917. Une confirmation non officielle viendra d’un pilote allemand, abattu derrière les lignes canadiennes, et capturé le soir du 29 septembre 1917. Ce sergent allemand du 413e régiment affirma qu’il avait été témoin de l’accident et avait identifié le cadavre de Guynemer. Il certifia que le héros français était mort d’une balle dans la tête et souffrait d’autres blessures, dont une jambe cassée et un doigt arraché. Ce soldat affirma en outre que le corps et l’avion de Guynemer avaient été pulvérisés par des tirs de barrage de l’artillerie britannique avant que les Allemands n’aient pu retirer le corps pour l’enterrer. Le 25 septembre, le rapport publié par le ministère de la Guerre n’est pas classé et la mort de Guynemer — telle que décrite par un de ses camarades de vol (dont l’identité n’a pas été divulguée pour des raisons de sécurité) — est devenue de notoriété publique:

« Dans la matinée du 11 septembre, le capitaine Guynemer, parti en reconnaissance dans la région des Flandres, s’est trouvé, au cours des péripéties d’une poursuite d’avion ennemi, séparé de son camarade de patrouille et n’a pas reparu depuis. Tous nos moyens d’investigation mis en jeu n’ont donné jusqu’à ce jour aucun renseignement complémentaire. »

Des détails supplémentaires seront fournis par le capitaine Brocard, dont les déclarations sont retranscrites dans un article du journal parisien Le Matin:

« Le dernier combat de l’aviateur français a eu lieu quatre ou cinq miles à l’intérieur des lignes allemandes au nord-est d’Ypres et en face des lignes britanniques. Le Capitaine Guynemer était accompagné par le lieutenant Bozon-Verduraz, qui dit qu’ils volaient à une altitude de 1 500 pieds quand Guynemer aperçut un biplace ennemi, qu’il attaqua. Presque au même moment Verduraz vit quatre monoplans allemands approcher et se tourna vers eux instantanément afin de les attirer hors tension. Ils tournaient autour pendant un moment et puis a disparu. Verduraz est ensuite retourné à l’endroit où il avait laissé Guynemer en prise avec le biplan allemand, mais Guynemer avait disparu. »

Selon un communiqué de la Croix-Rouge américaine sur le front français du 18 octobre 1917, la mort du capitaine Georges Guynemer est « définitivement confirmée ». Le rapport de la Croix-Rouge fournit les détails suivants:

Lorsque l’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné…

« Les informations reçues par la Croix-Rouge disent que Guynemer a été abattu en direction du nord de Poelcapelle, sur le front d’Ypres. Son corps a été identifié par une photo sur sa licence de pilote dans sa poche. L’enterrement a eu lieu à Bruxelles en présence d’une garde d’honneur, composé de la 5e division prussienne. Telle est l’histoire racontée par un Belge, qui vient d’échapper aux Allemands. L’inhumation était sur le point d’avoir lieu à Poelkapelle, lorsque les bombardements précédant l’attaque britannique à Ypres ont commencé. L’enterrement fut interrompu à la hâte. Le général allemand se trouva être un passionné d’aviation avec une grande admiration pour les réalisations du capitaine Guynemer. Sous ses ordres, le corps a été transporté à Bruxelles dans un wagon funéraire spécial. Là, le capitaine a été inhumé par des sous-officiers et fut couvert de couronnes florales envoyées par des aviateurs allemands. Les garde prussienne a salué son arrivée et durant tout l’enterrement, il a reçu tous les honneurs militaires possibles. Le gouvernement français a été invité à faire inscrire au Panthéon, où de nombreux grands Français sont enterrés, une inscription destinée à perpétuer la mémoire du Capitaine Guynemer comme « un symbole de l’ambition et l’enthousiasme de l’armée ». Une résolution à cet effet a été déposée à la Chambre des députés par le député Lasies. »

Au moment de sa mort, il avait totalisé 53 victoires homologuées et avait survécu sept fois après avoir été abattu, bien qu’il n’ait jamais embarqué de parachute. Les circonstances exactes de sa mort restent donc, aujourd’hui encore, incertaines. On ignore en effet s’il a été tué dans le crash de son avion ou s’il y a survécu, pour être tué par la suite par des tirs d’artillerie dans le no man’s land.

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